Champigny-sur-Marne : Musée de la Résistance Nationale

Masque à gaz et banane française

Deux beaux jours en Val de Marne, merci les amis ! Visite (trop courte hélas, fallait se lever plus tôt) du Musée de la Résistance Nationale, créé par d’anciens résistants, internés ou déportés et ouvert en 1985. Au plaisir du visiteur, une exposition permanente chronologique (tous les objets exposés sont authentiques, les documents sur panneaux sont des fac-similés tant les documents d’origine sont fragiles) et une exposition temporaire (en décembre dernier, Guy Môquet). Un centre de recherche et une bibliothèque pour les chercheurs. Le tout dans une belle demeure du XIXe siècle entourée de son parc et dominant la Marne et Paris au loin.

La Marne et Paris au loin vus du parc du MRN Téléphone et lampe Espagne, 1936

MRN accueil

MRN Parc Vercors
88, avenue Marx Dormoy
94201 Champigny-sur-Marne dit autrefois Champigny-la-Bataille

La résistance, école de citoyenneté (Lucie Aubrac) : « Si la Résistance n’avait été que l’organisation d’un combat patriotique pour délivrer le pays de l’envahisseur nazi, elle figurerait dans les livres d’Histoire comme une épopée à la Jeanne d’Arc. En somme, un chapitre bien clos dans lequel des hommes en uniforme se battent hors de France, avec tous les moyens d’une guerre moderne, tandis qu’à l’intérieur, des hommes et des femmes mènent une guerre clandestine de partisans avec les embuscades, les trains qui sautent, les grenades qui éclatent et les mitraillettes qui pétaradent. Mais le chapitre n’est pas clos. La Résistance reste, un demi-siècle après la victoire sur les envahisseurs nazis, l’exemple de l’engagement volontaire de Français et d’étrangers accueillis dans le pays des Droits de l’Homme, pour retrouver les valeurs de la démocratie et la dignité du citoyen.

La trahison de Philippe Pétain et de son gouvernement, qui installe la collaboration avec l’occupant, fait de la France un pays pillé, ruiné, surveillé, soumis à une répression contre tout ce qui est suspect d’opposition : politiques, syndicalistes, mouvements philosophiques, répression à laquelle s’ajoute l’organisation d’un système xénophobe et antisémite. La France est déshonorée. Elle est gouvernée par une poignée d’hommes aux ordres des nazis. Les assemblées sont supprimées, des communes au Parlement, il n’y a plus de représentants du peuple. Le peuple n’a plus de voix ; de citoyen, il est devenu sujet.

C’est alors qu’hommes et femmes de tous âges, de toutes conditions, manifestent leur indignation. La démocratie est morte, il faut la ressusciter. De ce sursaut vont naître tous les aspects d’une Résistance qui informe par sa presse clandestine, qui donne l’exemple de la solidarité par son aide aux exclus, du courage par ses grèves, ses manifestations et son esprit de sacrifice, par sa tenue devant la torture et la mort.

La Résistance, pendant la clandestinité, gardienne des idées de liberté, d’égalité et de fraternité a légué aux nouvelles générations un patrimoine inestimable : la qualité retrouvée de citoyen, et ce trésor qui s’appelle « carte d’électeur », cette carte reçue comme un droit, exige l’exercice d’un devoir, celui de participer à la gestion attentive d’une démocratie digne de celles et de ceux qui sont morts pour elle.

Lucie Aubrac
Co-fondatrice du Mouvement Libération-Sud
Grand Officier de la Légion d’Honneur
Croix de guerre 1939-1945
Officier de la Résistance
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